samedi 22 octobre 2022

Macouria en Guyane, Grand-Popo au Bénin, deux Communes en phase

 

Coopération décentralisée

Le jumelage des Communes de Macouria en Guyane et Grand-Popo au Bénin concrétisé

Une délégation de Macouria attendue  à Grand-Popo dès fin novembre prochain




Depuis décembre 2021 le jumelage des communes de Macouria en Guyane et Grand – Popo au Bénin est acté. Macouria est la commune guyanaise de résidence du Professeur Monique Blerald, présidente de l’Observatoire régional du Carnaval guyanais (Orcg). Profitant du séjour de Marcel Zounon l’invité d’honneur aux assises internationales du carnaval, le Professeur Blerald et Mylène Danglades, Maître de Conférence et directrice du laboratoire Minea (Migration Interculturalité et Education en Amazonie) ont facilité une rencontre entre une délégation de la mairie de Macouria et leur hôte. La séance a eu pour cadre la salle de conférence Loïc Daniel du laboratoire Minea à l’université de Guyane, le mardi 4 octobre 2022. La délégation de la mairie de Macouria conduite par le 6eme adjoint au Maire, Claude R., délégué à l’éducation et membre de la commission culture, a confié à l’invité, une lettre d’information destinée à  son Excellence Marc Vizir, Ambassadeur de France près le Bénin.

L’objectif de la séance est de partager avec Marcel Zounon, président de l’association Towara partenaire de l’Orcg les projets en cours avec Grand-Popo, dans une logique de préparation du terrain. En effet, l’idée du jumelage de Macouria et Grand-Popo est née des  voyages au Bénin du Professeur Monique Blerald. Elle l’a portée vers les autorités de sa ville de résidence. Celles-ci ont favorablement accueilli sa proposition, l’ont étudiée puis l’ont actée à la délibération du conseil communal de décembre 2021. Selon Synthia Sully Chargée des affaires culturelles et de cette coopération, la Ville de Macouria a notifié le jumelage officiel en début d’année 2022 aux autorités de Grand-Popo. Sans tarder, des projets sportifs sont initiés, notamment la natation et d’autres sports halieutiques en faveur des deux villes. En effet, l’eau est très présente à Macouria comme à Grand-Popo. Mais elle n’est pas pour autant exploiter en termes de développement économique et d’attractivité touristique. Macouria s’appuie sur une opportunité de financement de projets sportifs que lui offre le Ministère de l’Europe et des affaires étrangères, pour valoriser ses échanges sportifs entre les deux communes en 2022 et 2023.

Un séjour au Bénin fin novembre

Une délégation de Macouria séjournera au Bénin du 28 novembre au 3 décembre  prochain. Animer le jumelage entre Macouria et Grand-Popo est la priorité de ce séjour. Il sera inscrit dans cet agenda, une visite de travail entre autorités communales mais aussi une visite de terrain et des potentialités d’accueil des infrastructures sportives annoncées. Une immersion touristique n’est pas exclue de cette première descente officielle de Macouria, une des  communes guyanaises, bastion d’une panoplie d’afro descendants.

Bien d’autres projets connexes émanent de la ville de Macouria pour impacter le Bénin. Dans le domaine de l’agronomie, le projet Songhaï de Porto-Novo ainsi que d’autres centres agro-pastoraux du Benin sont convoités par le Lycée agricole de Matiti à Macouria pour accueillir une immersion professionnelle de ses apprenants en guise de stage. C’est l’idée de l’élue communale Rose Daniel, trente ans de carrière d’enseignante d’horticulture et d’agronomie, 9eme Adjointe au Maire de la commission agriculture, économie et emploi de la commune de Macouria. Plusieurs fois de passages au Bénin, Rose Daniel reste sidérée par le projet Songhaï. Elle pense qu’il doit faire école et compte réaliser pour ses apprenants ce rêve d’ici 2024 afin de susciter une éventuelle contagion de l’exemple en Guyane.

Sur le plan artistique, une troupe de danse traditionnelle de Macouria est déjà invitée en juillet 2023 au festival de danses qu’organise le béninois Gilbert Akuesson dans les collines à Dassa. En préludes à la descente du groupe guyanais au Benin, sa responsable Vero Mariana fera une prospection du terrain courant décembre en vue de préparer l’arrivée de sa troupe en juillet 2023. 


Marcel Zounon a fait savoir son soutien aux différents projets portés par Macouria pour leur avancement. Il a promis transmettre à Son Excellence Marc Vizir, Ambassadeur de France près le Bénin et au maire de Grand-Popo leurs messages respectifs. La séance s’est achevée par une photo de famille et une remise de cadeau symbolique à l’hôte par la mairie de Macouria.

 

Happy Sylvestre GOUDOU

 

lundi 17 octobre 2022

Le Carnaval guyanais et le Touloulou objet d'inscription à l'Unesco

Inscription du Carnaval et son Touloulou à l’Unesco

L’Observatoire régional du carnaval guyanais fait la demande officielle

Sous l’égide de sa présidente Professeur Monique Blerald, l’Observatoire régional du carnaval guyanais (Orcg) en partenariat avec le Laboratoire Minea (Migration, interculturalité et éducation en Amazonie) de l’Université et la Collectivité territoriale de Guyane, a procédé à la remise officielle de sa demande de candidature à l’inscription du carnaval guyanais et son personnage Touloulou dans le Registre des bonnes pratiques de la Convention 2003 de l’Unesco. La demande est remise au directeur de la culture de la jeunesse et Sports Cyril Goyer (son adjoint Johny Malarme aussi présent) qui a promis la transmettre à la ministre de la culture et de la communication de France. C’était lors de la cérémonie de clôture des deuxièmes assises internationales du carnaval guyanais, organisées autour du thème « Carnaval et santé », à l’Ensemble culturel régional (Encre) à Cayenne le 1er octobre 2022. Plusieurs personnalités politico-administratives, scientifiques et professionnelles ont répondu présentes à l’invitation de l’observatoire et de l’Université. Le Parrain de ces 2èmes assises a nom Marcel Zounon, président de l’association Towara, Ong accréditée N°90346 à l’Unesco pour les fonctions consultatives du Pci, représentant le secteur Afrique au Conseil international des organisations de festivals de folklores et d’arts traditionnels (Cioff),

En présence de plusieurs personnalités, le Professeur Monique Blerald et le comité d’organisation des deuxièmes assises du carnaval guyanais, ont acté leur engagement à inscrire le Carnaval guyanais et son masque emblématique Le Touloulou, sur la liste de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (Pci) dans le registre des bonnes pratiques de la Convention 2003. Cet acte officiel vient après l’étape de reconnaissance en 2017 du carnaval guyanais comme élément du patrimoine national français. Le processus une fois lancé, est irréversible, dira Monique Blerald, même si la suite du parcours s’annonce laborieuse. Avec détermination et l’onction de la France comme Etat-partie, le bout du tunnel sera atteint d’ici 2025. Pour y parvenir, il faut acquérir l’adhésion de toutes les communautés guyanaises à la cause du Carnaval, réaliser des activités et projets de transmission du carnaval  avec et pour la jeunesse afin d’en assurer une bonne transmission.

Enquête de l’Adhésion des Communautés


Apatou chez Lamourai, leader traditionnel                                 Maiman chez le chef coutumier 

L’observatoire régional du carnaval guyanais (Orcg) conscient de la tâche à  accomplir dans le processus de sauvegarde du carnaval et de son Touloulou, a entrepris sans tarder, une tournée vers les communautés Businenge du bord du fleuve Maroni. Avec l’efficace médiation du Président du Grand Conseil Coutumier Bruno Apouyou, la délégation accèdera aux Capitaines et chefs coutumiers Businenge de Maiman et au leader traditionnel Lamourai  dans la commune d’Apatou. L’objectif est d’informer ces communautés sœurs aux Créoles sur l’enjeu de l’inscription du Carnaval comme un élément du patrimoine immatériel national qui se veut inclusif sans couleurs politiques, ni assertions culturelles, identitaires et religieuses contradictoires. L’adhésion de toutes les communautés à la sauvegarde du Carnaval guyanais et son personnage Touloulou est une condition sine qua non pour la réussite du dossier d’inscription. A Maiman comme à Apatou, les communautés Businenge ont reçu avec cœur le message d’information et de sensibilisation porté par les membres de l’Orcg appuyés par la présence de leur hôte Marcel Zounon délégué du secteur Afrique au Cioff, un partenaire de l’Unesco. Elles ont accordé leurs bénédictions (par la pratique de rituels symboliques significatifs faits d’eau et de rhum) et confirmé leur pleine adhésion à cette noble cause qui revêt un acte majeur de sauvegarde du Carnaval en faveur de toute la Guyane. 

Des Conférences et rencontres itinérantes

Marcel Zounon face au public du Ciap                                                    Après la conférence à l'UG


public de Saint-Laurent & Mana

Les deuxièmes assises ont été meublées de plusieurs communications, sous-thèmes de la thématique « carnaval et santé » dans la salle de spectacle de l’Encre les 30 septembre et 01 octobre 2022. Elles se sont élargies aux conférences données par Marcel Zounon sur le thème « Masques et divinités du Bénin, de la transposition du patrimoine cultuel à la scène du spectacle. » Grâce au Laboratoire Minea de l’Université de Guyane (Ug) et sa directrice Mylène Danglades, Marcel Zounon s’est entretenu avec le monde universitaire et les béninois de la diaspora autour de ce thème dans l’Amphi A le 3 octobre avec succès. Le 4 octobre, il a animé une séance avec les étudiants en Licence patrimoine et lettres de l’Ug dans le cours du Professeur Blerald. Les échanges se sont articulés autour des notions du patrimoine culturel.

Marcel Zounon s’est acquitté du même exercice, sur le même thème, dans la Commune de Mana le 5 octobre 2022, à la bibliothèque de la ville sous l’égide de son responsable Remy Aubert, promoteur du festival international du livre, cadre dans lequel s’inscrit cette activité. Rémy Aubert est aussi promoteur du festival international de contes de la ville de Mana.

A Saint-Laurent du Maroni, ce fut l’apothéose grâce à l"accueil et l'hospitalité réservés par Mme le maire Sophie Charles qui a délégué les deux élues municipales Barbara Bartebin conseillère Patrimoine-tourisme et Renée Lise Briquet la conseillère culture pour la coordination et le suivi. En effet, la conférence tenue au Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine (Ciap) le 6 octobre, au cœur des bagnes du camp de la transportation, a regroupé plusieurs africains résidants en Guyane, des brésiliens et Saint-Laurentins qui ne pouvaient camoufler leur engouement et curiosité afférents audit thème lié en partie au vodoun. Une visite guidée grâce à  la médiation de Dame Tania Saint-Aimé cheffe service  archives et collections, a agrémenté les 72heures passées dans la ville. Une séance de travail axé sur la sauvegarde du Jé-Farine (un Touloulou atypique) s’est voulue un partage d’expériences avec l’association des Jé-farine de Saint-Laurent et son président Philippe Thomas, concepteur doué et une griffe singulière  des corniches du Jé-farine, rejoint par son vice-président Gilbert Sainte-Luce (un ancien Jé-farine) qui est un élu communal. C’est la somptueuse salle rouge multimédia  Micro-folie du Ciap qui a servi de cadre pour cette séance symbolique inscrite dans le processus d’information, de sensibilisation et d’adhésion des communautés qui pratiquent le carnaval (et le Touloulou), pour son inscription à l’Unesco. La fin de la tournée dans l’Ouest sera marquée par la rencontre avec les étudiants du Surinam et leurs enseignants concernés partenaires. Des échanges fructueux autour d’images  témoins sur quelques masques et divinités béninois, le carnaval guyanais vécu par les surinamiens, le partage des contes créoles et béninois,  avec les étudiants venus de l’Université du Surinam ont conclu en beauté les activités inscrites à Saint-Laurent du Maroni le 7 octobre.

 Mme Blerald présidente de l’Orcg a manifesté son satisfecit total pour la réussite des activités diverses. Au nom de l’observatoire, elle a  insisté sur ses remerciement à l’endroit du comité local de Saint-Laurent dynamique grâce à la partition jouée par dame Tania Saint-Aimé cheffe du service des archives et des collections et toute la direction du patrimoine culturel. Elle n’a pas oublié ses gratitudes vis-à-vis de l’Inspe représenté par sa directrice Sonia Francius. Ses gratitudes vont également à l’endroit des Mairies de Cayenne, de Sinnamary, de Remire-Montjoly, de  Macouria, de Matoury, et à la Cacl qui a spécialement attribué un véhicule de luxe à la délégation du Benin, de Saint-Laurent du Maroni avec sa Mairestre Mme Sophie Charles et le conseil municipal, de la ville de Mana, l’Université de Guyane et son Président Antoine Primerose, ainsi que le Laboratoire Minea, Mme Blerald reste aussi reconnaissante vis-à-vis du recteur de l’académie de Guyane Philippe Dulbeco, du Vice-président Emmanuel Prince, chargé de la culture à la Collectivité Territoriale de Guyane qui ont témoigné par leur présence effective aux assises leur soutien,  Quant aux autres partenaires associés aux activités des deuxièmes assises du carnaval dans l’Ouest, ils ont eu droit à un témoignage publique de gratitudes. Il s’agit notamment de la Communautés des communes de l’ouest guyanais (Ccog). Selon la Présidente de l’Orcg, la Ccog a gracieusement mis à disposition une pirogue motorisée conduite en 4h de navigation par l’expérimenté Abolo en aller-retour sur le fleuve Maroni, Saint-Laurent – Apatou via Maiman, avec l’équipe de reportage de Guyane Première et le documentaire sur la participation de l’observatoire au Feridama 2019.  Enfin satisfecit doit être décerné aux membres de l’Observatoire régional du carnaval guyanais, majoritairement constitué de braves dames « Des Amazones » (Alberte, Cathia, Yolande, Maude, Cécile la doctorante, Mylène, Kylian et parents alliés), qui gravitent autour de leur Présidente Monique Blerald et le Vice-président Brunel Boutrin.

 

Happy Sylvestre GOUDOU




jeudi 28 octobre 2021

Moly, Un parcours de Géant

 Moly, un Parcours de Géant...

Le jeune réalisateur sénégalais Moly Kane est une fierté pour l’Uemoa. Depuis 2013 qu’il s’est révélé par son court métrage « La vie de Moly » qui remporta le poulain d’or de la catégorie court métrage fiction au Fespaco, le jeune réalisateur sénégalais n’a cessé d’enchaîner les succès par un travail bien fait. Sans l’avoir encore interviewé mais l’ayant suivi de loin, il fait partie des premiers jeunes réalisateurs africains à s’exprimer au festival de Cannes. Il a remporté en 2018 le prix de la meilleure fiction au festival Clap Ivoire avec son film Goom-Bi (en wolof) qui veut dire La Plaie. Goom-Bi traite de l’immigration par le désert de la Libye avec ses corollaires. C’était aussi le prix du meilleur scénario, de la meilleure interprétation masculine, récompensé par le groupe canal +.

Poulain d’or de ce 27è Fespaco et meilleur court métrage des prix spéciaux de UEMOA, Moly Kane est aussi le promoteur du festival de court métrage Dakar Court. La quatrième édition de Dakar Court est annoncée du 6 au 11 décembre prochain dans la capitale sénégalaise.
Le Jeune talentueux Moly Kane

Un tour dans sa petite enfance nous inspire que son quartier Pikini est une marmite noire qui offre d’akassa blanc. Moly est un des rares bols d’akassa blanc sortis de cette Marmite réputée noire.
Moly Kane par son dynamisme et malgré son handicap moteur, son talent prouvé par la qualité de ses œuvres, est une fierté non seulement pour le Sénégal mais aussi pour l’espace communautaire UEMOA.

Happy Koffi GOUDOU

vendredi 13 novembre 2020

Le Kiarou à Pèrèrè, le Wourou à Bembèrèkè, le Haraka à Gogounou, Gogoré à Kandi.

 Mise en œuvre de son PTA 2020 et pré inventaire du PCI, l'Ensemble Artistique National poursuit son périple de captation des rythmes et danses patrimoniaux.


Danseurs du Kiarou de Won à Pèrèrè chez les Batombou (Bariba)

Identifiés pour enrichir les créations artistiques prochaines du Ballet national, du chœur polyphonique et de la troupe nationale de théâtre, les rythmes et danses patrimoniaux du Bénin font objet de captation depuis Lundi 9 novembre dernier. 

À l'étape du département de l'Alibori, le rythme et danse rituels Gogoré constitue un des éléments du patrimoine culturel immatériel des communautés Minkô de Kandifo, petit village d'environ 3000 habitants situé à 3km de Kandi, à l'Est de la ville chef lieu du département. Avec le soutien technique de l'équipe de Claude Balogoun (Gangan Production), l'élément a été capté sur la place communautaire abritant la divinité Daba, le mâle qui accueille Handé la femelle, avant la pratique du Gogoré. 

Danseurs et percussionnistes du Kiarou

A Gogounou, c'est la communauté Peulh de Fana, village d'extraction de lait de vache par excellence qui a offert le rythme et la danse Haraka. Caractérisé par une calebasse des instruments traditionnels légers à savoir, une calebasse et un percussionniste la cinquantaine, accoutré de chapeau traditionnel, des bagues aux dix doigts qui servent à rendre le son bien audible, il chante comme le lead vocal de l'orchestre. A ses côtés, un vieux, la soixantaine il manipule les deux files d'une petite guitare  traditionnelle dont il en est à ce jour l'unique détenteur du savoir et savoir-faire y afférents. Les danseurs du Haraka sont émanent des deux générations. Des grelots attachés aux pieds ils scandent la cadence par l'agitement rythmé de leurs pieds. Ils introduisent des séquences de battements de mains comme partie animée du Haraka.

Danse Wourou de Goussounon Bouè Gamia Bembèrèkè

La journée du jeudi 12 novembre à été marquée par la captation d'un élément encore très sacré du patrimoine immatériel des Baribas de l'arrondissement de Gamia, dans la commune de Bembèrèkè. Dans un petit village du nom de Goussinon Bouè situé à une dizaine de kilomètres de Gamia centre, une petite communauté de jeunes gens en majorité, assurent la sauvegarde du Wourou rituel coutumier des batombou chargé de jouer trois principales fonctions sociales..

- rituel mortuaire au cours des obsèques d'un Roi ou dignitaire Bariba

- rituel de démonstration de force mystiques entre féticheur au cours des cérémonies claniques

- Rituel pour exorciser le village des malheurs (décès répétés par exemple), pratiqué par un collège de féticheurs mis ensemble pour exorcisme commun. Il y a cependant une quatrième fonction social pas trop recommandé par les ancêtres, celui qui consiste à inviter le Wourou à être exprimer et pratiqué lors des événements festifs tel que la rencontre des autorités politiques ou manifestations officielles. Le Wourou dans ce cas respecte toujours la phase de consultation des ancêtres et génies tutélaires conformément aux trois premiers rôles avant sa sortie. Autrement, un mauvais sort atteint ceux qui ont ordonné cette sortie. Le Chef du culte qui assure l'héritage du Wourou à Gousounon Bouè s'appelle SIO N'GOBI TORI Mohamed Gankou. Lui-même guérisseur traditionnel, il confie qu'il faut être très fort au plan spirituel avant que le trône du prêtre du Wourou ne lui soit transmis. Le Wourou méconnu du public est une danse d'initiés fermée, qui impose des conditions dont seul le chef de file détient les secrets avant toute pratique.

                                                        
Photo de famille de l'équipe de l'EAN avec les détenteurs du Wourou

Percussionnistes du Kiarou
La journée du vendredi 13 novembre est consacrée au Kiarou. Nous sommes à Wouon, un petit village d'environ 16 km de distance poussiéreuses, de Pèrèrè centre, commune de Borgou. Ici la population est majoritairement musulmane. L'équipe conduite par Marcel Zounon Directeur de l'Ensemble artistique national devra attendre la fin de la prière de 14h avant d'espérer la présence des détenteurs du Kiarou. Le griot principal l'a signifié malgré l'appel orchestré par le grand tambour à double face que manipule un tout jeune garçon. Le Kiarou est une danse identitaire des "Wassangari" Princes Batombou (Bariba) qui le pratiquent lors des réjouissances populaires notamment à l'occasion des intronisations. Le Kiarou évoque la joie dans la communauté. Il se transmet facilement de générations en générations. 


Du Borgou


 Happy Koffi GOUDOU 


A suivre...

mardi 10 novembre 2020

Renouvellement de ses créations, l'Ensemble artistique national sur les traces des rythmes et danses patrimoniaux en disparition

 Entre captation et pré-inventaire, certains rythmes et danses patrimoniaux du Bénin revisités

expression du Gogoré par les Menkô de Kandifo

L'Ensemble artistique national organise dans les douze départements du Bénin la collecte par captation  de rythmes et danses traditionnels rares n'ayant encore trop fait objet de création artistique par ses trois sections à savoir le Ballet national, le chœur polyphonique et la troupe nationale de théâtre.C'est une activité inscrite au plan de travail annuel (PTA 2020) de cette direction sous tutelle du ministère du tourisme de la culture et des arts. Dirigé par Marcel Zounon, l'Ensemble artistique national a démarré sa collecte par le département de l'Alibori. Ainsi, la journée du lundi 09 novembre a été consacrée à l'enregistrement par la captation audiovisuelle de deux rythmes et danses. Il s'agit du "Gogoré" de Kandifo (Kandi) et du Haraka  identifié au village de Fana (commune de Gogounou)

Le Gogolé ou "Gogoré" de Kandifo
Le Gogolé (appellation originelle) signifie littéralement en langue Môkôlé "fétiche" ou "ancêtres" de Maison. Il est lié au rituel dédié au fétiches mâle Daba et femelle Handé. le prête nommé Kafè dirige les cérémonies rituelles en sept jours qui annoncent une nouvelle saison de semence. Le Gogolé ou Gogoré, élément du patrimoine culturel immatériel est pratiqué annuellement pour prévenir les communautés détentrices sur la promesse des semences ou la qualité des prochaines récoltes. Il se danse par les deux sexes à l'aide de tige de mil. Mais avant, il faut consulter Daba et faire venir à ses côtés Handé....
Instruments caractéristiques: Bata un tambour double faces à corde, parlant, est le principal instrument. une guitare traditionnelle semblable à une kora et une gourde servant de castagnettes, puis trois autres tambours plus grands au son basique. 
A suivre

Le Haraka de Fana à Gogounou
Rythme et danse pratiqués par la communauté peulh, il s'organise à l'occasion de tout événement festif en communauté peulh. Très économique en instruments, il se pratique à l'aide d'une calebasse que le percussionniste tape avec des bagues aux doigts. Une petite guitare traditionnelle vient rythmer en guise d'accompagnement. Les jeunes danseurs portent des grelots aux pieds et cadencent le rythme par des séries d'animations portées par leurs mains. Le Haraka se pratique par la communauté peulh qui n'en détiendrait pas l'exclusif apanage. Il ressort qu'une partie des Baribas aussi le pratique. 

les deux instrumentistes du Haraka
A suivre
 
Le Gogoré et le Haraka sont les deux rythmes choisis dans le département de l'Alibori pour faire objet de création future par le Ballet National. La preuve, ces deux élément du PCI local sont imposés pour le casting de recrutement des futurs sociétaires du département. 
photo de famille avec les détenteurs du Gogoré


Kandi, Nord Bénin

Happy Koffi GOUDOU

mercredi 29 avril 2020

Le Professeur ALLADE Coffi Adolphe sacré HOMME DE L'ANNEE 2019


Distingué deuxième personnalité socioculturelle de l'année 2019 selon l'initiative "L'Homme de l'Année", par le groupe de presse Le Matinal et e-Télé, le Professeur ALLADE Coffi Adolphe mérite les honneurs d'un Trésor Humain Vivant (THV) des danses patrimoniales du Bénin. 
A l'occasion de la célébration de la 39 ème édition de la Journée Internationale de la Danse (JID 2020), ce monument de la culture béninoise attire notre attention. Le présent article est une introduction partielle du portrait entrepris sur la personne de Coffi Alladé et ses oeuvres en tant qu'un Trésor Humain Vivant en matière de danses patrimoniales.  

L'Homme de l'Année est une initiative conjointe du groupe de presse le Matinal & e-Télé. elle vise à distinguer les deux meilleures personnalités dans trois catégories à savoir la Politique, le Sport et la Culture. Pour l'année 2019, la catégorie culture les deux Béninois reconnus s'appellent Bella Agossou une comédienne et actrice de cinéma résidant à Barcelone en Espagne, première, et le Maître Chorégraphe Coffi Alladé,deuxième. Père fondateur du groupe de ballets et danses traditionnelles Les Supers Anges Hwendo Na Bua du Bénin depuis octobre 1986, le Professeur Alladé est nanti de plus de quarante (40) années de pratique de la danse. Il est le président de la Confédération Béninoise de Danse (COBED) la plus grande structure corporatiste des danseurs béninois. Rare acteur ayant capitalisé cette taille d'expériences en danses patrimoniales, il a encadré et formé plusieurs danseurs aujourd'hui responsables de troupes et compagnies de danses traditionnelles et même contemporaines. Ce rôle de transmission, il le poursuit jusqu'à nos jours à travers sa propre troupe de danse et au Ballet national du Bénin où il exerce en tant que chorégraphe en chef depuis pratiquement la création de l'Ensemble artistique national. Plusieurs générations ont donc connu sa pédagogie dans ce processus de transmission auquel l'homme s'est adonné depuis une quarantaine d'année contribuant ainsi à la sauvegarde des danses patrimoniales en tant qu'élément du patrimonial culturel immatériel du Bénin. Du haut de ses 58 ans, il est admis dans le corps des THV (Trésors Humains Vivants) même si son pays ne le lui reconnaît pas encore. La danse traditionnelle est son affaire et il ne respire que par elle, au point où plusieurs se demandent "Et si Alladé Coffi n'existait pas, que deviendront nos danses traditionnelles face à cet envahissement de danses contemporaines et d'autres danses modernes étrangères qui colonisent nos jeunes générations et les emportent loin de leurs traditions?" 
Sans se lasser le Professeur Alladé Coffi continue de créer des spectacles de danses avec les Supers Anges Hwendo Na Bua, le Ballet national et participe aux voyages de promotion du patrimoine culturel béninois à travers le monde. Chaque année le THV des danses est toujours présent sur au moins un autre continent dans le monde pour vendre les merveilles culturelles du Bénin. Il forme  lors de ses séjours plusieurs pratiquants étrangers et leur transmet les techniques liées aux danses patrimoniales béninoises. Il continue ces voyages de formation en Chine grâce à la coopération culturelle sino-béninoise, aux Etats-Unis, en France et pratiquement lors de la panoplie de festivals auxquels il participe dans le monde. A ce jour aucun danseurs béninois n'a battu le record acquis par le Professeur Alladé.

Le Dean Marcel Zounon félicitant le lauréat Alladé Coffi

Marcel Zounon Directeur de l'Ensemble Artistique National (Dean), un ami personnel du professeur Alladé et compagnon de lutte de vieilles dates, pense même que son collaborateur méritait la  première place de l'Homme de l'année 2019. Selon lui Alladé a marqué son territoire en cette année là. Il n'y a pas joué ponctuel en passant. Pour étayer son affirmation, Marcel Zounon a évoqué les nombreux exploits des supers anges en Espagne et jusqu'au îles Canaris sur plusieurs festivals assortis de lauriers. Il ajoute que l'infatigable a rejoint par suite la tournée internationale du ballet national au Portugal. Il a réussi avec brio la 11ème édition de son festival de danses Agogo en janvier sans oublier son investissement quotidien dans l'encadrement, la transmission aux jeunes générations des danses traditionnelles. Un pétri de talents artistique, Alladé rappelle au directeur Zounon le rôle qu'ont joué les aînés africains tels que Itallo Zambo du ballet Fodéba Kéita de Guinée Conakry, Souleymane Koly de Côte-d'Ivoire et Alassane Danté du Niger qui étaient des personnalités classées THV par leurs pays respectifs. Marcel Zounon a souligné la popularité sans faille de l'homme dans son pays et illustre son propos par l'accueil que les populations lui réservent dans toutes les localités du Bénin du nord au sud, de l'est à l'ouest. Il mérite une attention particulière de la part de son pays compte tenu de ses efforts en faveur de la destination Bénin. Marcel Zounon a, pour finir, félicité le groupe de presse Le Matinal et e-télé pour avoir vu juste de penser à distinguer un vrai patriote qui ne pense que rayonnement de son pays à travers ce qu'il sait faire le mieux, la danse.

Koffi Atédé Directeur des Arts et du Livre félicite le récipiendaire

En attendant l'audience du lauréat avec le Ministre Jean-Michel Abimbola, le directeur des arts et du Livre Koffi Attédé félicite le Professeur Alladé par des mots bien soutenus.
" Je suis très honoré, très fier d'apprendre la distinction de monsieur Alladé Coffi Adolphe. Pas   seulement  moi, modestement à travers moi le Bénin d'avoir parmi ses rangs,un fils de la notoriété et du talent de monsieur Alladé. Il y a également une disposition d'esprit qu'il a aujourd'hui qui consiste à partager et à transmettre son talent, son savoir-faire, son savoir-être, ses réseaux ses contacts l'expérience qu'il a pu accumuler au cours de  ces quatre dernières décennies et qui lui permettent  aujourd'hui d'être distingué personnalité socioculturelle, L'homme de l'année 2019. Au nom du Ministre je voudrais lui  témoigner notre reconnaissance, la reconnaissance du ministère, la reconnaissance du  pays pour toutes ses  années son énergie, son engagement aux côtés des autres artistes mais également au ballet national où il intervient en tant que chorégraphe. Bon vent à lui et je lui souhaite des années qui seront encore pleines de créations pleines de distinctions, et motifs de fierté." Koffi ATTEDE, Directeur des arts et du livre (Dal)


Happy Sylvestre GOUDOU