Inscription
du Carnaval et son Touloulou à l’Unesco
L’Observatoire régional du carnaval guyanais fait la demande officielle
Sous l’égide de sa présidente Professeur Monique Blerald, l’Observatoire régional du carnaval guyanais (Orcg) en partenariat avec le Laboratoire Minea (Migration, interculturalité et éducation en Amazonie) de l’Université et la Collectivité territoriale de Guyane, a procédé à la remise officielle de sa demande de candidature à l’inscription du carnaval guyanais et son personnage Touloulou dans le Registre des bonnes pratiques de la Convention 2003 de l’Unesco. La demande est remise au directeur de la culture de la jeunesse et Sports Cyril Goyer (son adjoint Johny Malarme aussi présent) qui a promis la transmettre à la ministre de la culture et de la communication de France. C’était lors de la cérémonie de clôture des deuxièmes assises internationales du carnaval guyanais, organisées autour du thème « Carnaval et santé », à l’Ensemble culturel régional (Encre) à Cayenne le 1er octobre 2022. Plusieurs personnalités politico-administratives, scientifiques et professionnelles ont répondu présentes à l’invitation de l’observatoire et de l’Université. Le Parrain de ces 2èmes assises a nom Marcel Zounon, président de l’association Towara, Ong accréditée N°90346 à l’Unesco pour les fonctions consultatives du Pci, représentant le secteur Afrique au Conseil international des organisations de festivals de folklores et d’arts traditionnels (Cioff),
En
présence de plusieurs personnalités, le Professeur Monique Blerald et le comité
d’organisation des deuxièmes assises du carnaval guyanais, ont acté leur
engagement à inscrire le Carnaval guyanais et son masque emblématique Le
Touloulou, sur la liste de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (Pci)
dans le registre des bonnes pratiques de la Convention 2003. Cet acte officiel
vient après l’étape de reconnaissance en 2017 du carnaval guyanais comme
élément du patrimoine national français. Le processus une fois lancé, est
irréversible, dira Monique Blerald, même si la suite du parcours s’annonce
laborieuse. Avec détermination et l’onction de la France comme Etat-partie, le
bout du tunnel sera atteint d’ici 2025. Pour y parvenir, il faut acquérir
l’adhésion de toutes les communautés guyanaises à la cause du Carnaval,
réaliser des activités et projets de transmission du carnaval avec et pour la jeunesse afin d’en assurer
une bonne transmission.
Enquête de l’Adhésion des
Communautés
L’observatoire
régional du carnaval guyanais (Orcg) conscient de la tâche à accomplir dans le processus de sauvegarde du
carnaval et de son Touloulou, a entrepris sans tarder, une tournée vers les
communautés Businenge du bord du fleuve Maroni. Avec l’efficace médiation du Président
du Grand Conseil Coutumier Bruno Apouyou, la délégation accèdera aux Capitaines
et chefs coutumiers Businenge de Maiman et au leader traditionnel Lamourai dans la commune d’Apatou. L’objectif est
d’informer ces communautés sœurs aux Créoles sur l’enjeu de l’inscription du
Carnaval comme un élément du patrimoine immatériel national qui se veut
inclusif sans couleurs politiques, ni assertions culturelles, identitaires et religieuses
contradictoires. L’adhésion de toutes les communautés à la sauvegarde du
Carnaval guyanais et son personnage Touloulou est une condition sine qua non
pour la réussite du dossier d’inscription. A Maiman comme à Apatou, les
communautés Businenge ont reçu avec cœur le message d’information et de sensibilisation
porté par les membres de l’Orcg appuyés par la présence de leur hôte Marcel
Zounon délégué du secteur Afrique au Cioff, un partenaire de l’Unesco. Elles
ont accordé leurs bénédictions (par la pratique de rituels symboliques
significatifs faits d’eau et de rhum) et confirmé leur pleine adhésion à cette
noble cause qui revêt un acte majeur de sauvegarde du Carnaval en faveur de
toute la Guyane.
Des Conférences et rencontres
itinérantes

Les deuxièmes
assises ont été meublées de plusieurs communications, sous-thèmes de la
thématique « carnaval et santé » dans la salle de spectacle de
l’Encre les 30 septembre et 01 octobre 2022. Elles se sont élargies aux
conférences données par Marcel Zounon sur le thème « Masques et divinités du
Bénin, de la transposition du patrimoine cultuel à la scène du spectacle. »
Grâce au Laboratoire Minea de l’Université de Guyane (Ug) et sa directrice
Mylène Danglades, Marcel Zounon s’est entretenu avec le monde universitaire et
les béninois de la diaspora autour de ce thème dans l’Amphi A le 3 octobre avec
succès. Le 4 octobre, il a animé une séance avec les étudiants en Licence patrimoine
et lettres de l’Ug dans le cours du Professeur Blerald. Les échanges se sont articulés
autour des notions du patrimoine culturel.
Marcel
Zounon s’est acquitté du même exercice, sur le même thème, dans la Commune de
Mana le 5 octobre 2022, à la bibliothèque de la ville sous l’égide de son responsable
Remy Aubert, promoteur du festival international du livre, cadre dans lequel s’inscrit
cette activité. Rémy Aubert est aussi promoteur du festival international de
contes de la ville de Mana.
A
Saint-Laurent du Maroni, ce fut l’apothéose grâce à l"accueil et l'hospitalité réservés par Mme le maire Sophie Charles qui a délégué les deux élues municipales Barbara Bartebin conseillère Patrimoine-tourisme et Renée Lise Briquet la conseillère culture pour la coordination et le suivi. En effet, la conférence tenue au Centre d’interprétation
de l’architecture et du patrimoine (Ciap) le 6 octobre, au cœur des bagnes du
camp de la transportation, a regroupé plusieurs africains résidants en Guyane,
des brésiliens et Saint-Laurentins qui ne pouvaient camoufler leur engouement et
curiosité afférents audit thème lié en partie au vodoun. Une visite guidée
grâce à la médiation de Dame Tania
Saint-Aimé cheffe service archives et collections, a agrémenté les 72heures
passées dans la ville. Une séance de travail axé sur la sauvegarde du Jé-Farine
(un Touloulou atypique) s’est voulue un partage d’expériences avec
l’association des Jé-farine de Saint-Laurent et son président Philippe Thomas, concepteur
doué et une griffe singulière des
corniches du Jé-farine, rejoint par son vice-président Gilbert Sainte-Luce (un
ancien Jé-farine) qui est un élu communal. C’est la somptueuse salle rouge
multimédia Micro-folie du Ciap qui a
servi de cadre pour cette séance symbolique inscrite dans le processus
d’information, de sensibilisation et d’adhésion des communautés qui pratiquent
le carnaval (et le Touloulou), pour son inscription à l’Unesco. La fin de la
tournée dans l’Ouest sera marquée par la rencontre avec les étudiants du Surinam
et leurs enseignants concernés partenaires. Des échanges fructueux autour
d’images témoins sur quelques masques et
divinités béninois, le carnaval guyanais vécu par les surinamiens, le partage des
contes créoles et béninois, avec les
étudiants venus de l’Université du Surinam ont conclu en beauté les activités
inscrites à Saint-Laurent du Maroni le 7 octobre.
Happy Sylvestre GOUDOU
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